ERNAIVO Fanirisoa, injustement lynchée pour avoir proféré une malédiction contre les forces de l’ordre – La gazette de la grande île du 3 novembre 2018

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Bien qu’animée, la campagne électorale subit une éclipse ces derniers jours. L’affaire Fanirisoa Ernaivo, du nom de la candidate n°24, domine l’actualité et cache en partie le remue-ménage autour du scrutin. On sait que pour avoir proféré une malédiction contre les forces de l’ordre, lors d’un meeting de propagande mardi, cette magistrate est sévèrement prise à partie et même sanctionnée par diverses instances ( ministère de la Justice, de la Sécurité Publique, Conseil Supérieur de la Magistrature…). Jeudi, le ministère de la Justice l’a suspendue dans ses fonctions de juge (elle est substitut du procureur au palais de Justice d’Anosy), la ministre de la Justice ayant hier invoqué une « mesure administrative » pour cause de manquement à l’éthique. C’en est fait certainement des chances de succès de cette candidate dans la compétition. Car déjà diabolisée en raison de son action contre la tenue du scrutin à la tête du collectif des 25, la voilà massacrée pour cause de « propos déplacés » contre les forces de l’ordre. Voilà peut-être ce qui arrive quand on s’élève contre le système ou contre l’«establishment » électoral…

On s’étonne de la virulence des attaques portées contre Fanirisoa Ernaivo quand on sait que dans ses déclarations, elle n’a commis aucune infraction pénale. En effet, la malédiction (de mort) n’est pas une menace mais n’est qu’un vœu. Elle souhaite du mal à quelqu’un grâce à l’intervention de Dieu ou des ancêtres, et non de celui qui a exprimé le « désir ». La malédiction est un mal seulement si on se place sur le terrain de la morale traditionnelle. Il est curieux que le ministère de la Justice se fasse le défenseur des valeurs morales traditionnelles, car dans ce cas, il devrait se prononcer sur les principes qui conduisent à l’exécution des jumeaux à Mananjary, ou des enfants nés un jour néfaste (alakaosy) dans certaines parties de l’île…

En tout cas, on dénoncera les « mesures administratives » qui ont toujours un côté arbitraire et abusif, et qui ont surtout eu cours sous la colonisation. Si l’infraction était pénale, le mieux aurait été de soumettre Fanirisoa Ernaivo à un procès règlementaire, et si elle était professionnelle, le conseil de discipline aurait été mieux indiqué. De cette manière, l’intéressée aurait bénéficié du droit à la défense accordé par la Constitution. Contrairement à celle-ci d’ailleurs, Fanirisoa Ernaivo est poursuivie et sanctionnée dans un cas qui n’est pas déterminé par la loi. En tout cas, tout ceci sent la vendetta politique de la part d’une coalition au pouvoir désireuse de voir le scrutin se tenir au jour dit, et contre une « rebelle » qui essaie de compromettre ce plan. Il reste qu’avant de sévir, on aurait dû tenir compte des circonstances qui ont amené la magistrate à proférer ses imprécations. Elle était en effet dans un meeting électoral autorisé, en tant que candidate agréée (en compagnie de onze autres), et c’était à ce moment-là que des forces de l’ordre sont intervenues, interdisant l’accès du site, et refoulant et chassant le public. Voilà une grave entorse à la liberté d’expression et d’opinion, et circonstance aggravante, dans le cadre d’un meeting électoral. En l’espèce, c’est donc l’administration (dont le ministère de la Justice et celui de la Sécurité Publique) qui s’est mise en infraction contre les principes constitutionnels et qui devrait siéger au banc des accusés…

Fanirisoa Ernaivo a maladroitement ironisé sur le lynchage de trois fonctionnaires de police envoyés en mission à Fénérive-Est. Mais ce n’est pas une raison pour qu’elle aussi soit de façon sommaire …mise à mort.

Adelson RAZAFY

 

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