Être à la hauteur de la Ministre de la justice malgache sortante Harimisa Norovololona Razafindrakoto dont le passage a été salutaire pour les justiciables et la justice La gazette de la grande île du 26 janvier 2019

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Il est des passations de service qui marquent les esprits et celle qui s’est tenue à Faravohitra en est une.  Le nouveau Ministre de la Justice,  Randrianasolo Jacques,  Magistrat à la retraite, succède à l’ancienne Ministre de la Justice,  Noro Harimisa Razafindrakoto. Au cours de son allocution, le nouveau Ministre a reconnu l’excellent travail titanesque réalisé en si peu de temps par son prédécesseur et dit humblement à l’assistance dans son discours qu’il se demande s’il arrivera à faire ce qu’elle a fait. Effectivement, des différents ministres de la Justice qui se sont succédés ces dix dernières années, Noro Harimisa Razafindrakoto est celle qui a réussi à redonner un nouveau souffle à la magistrature malagasy, celle qui a réussi à faire regagner la confiance de la population en la justice,  celle qui a allié compétence et intégrité.  Les voix sont unanimes et elles ne sont pas que celles des magistrats. Il y a également celles de l’opinion  publique en général, tant il est vrai que la justice concerne en premier lieu la population. Noro Harimisa Razafindrakoto a su s’entourer d’une bonne équipe de jeunes magistrats qui forment la relève et qui brillent par leur compétence et leur intégrité. Quand celle qui est à la tête est un exemple à suivre, quand celle qui est à la tête est un exemple de compétence et d’intégrité,  le reste va facilement. L’ancienne ministre de la justice est quelqu’un de foncièrement intègre et c’est bien parce qu’elle est réellement intègre dans son travail qu’elle est respectable et qu’elle a eu le respect des simples justiciables jusqu’aux personnels du monde de la justice. Elle est également compétente et tout le monde le reconnaît, elle est rigoureuse et travailleuse. S’il est un département qui a véritablement bien fonctionné en sept mois, c’est bien celui de la justice, si bien que pour  beaucoup, s’il fallait garder un ministre, un seul du dernier gouvernement, c’était le Ministre de la Justice. Mais le nouveau régime en a décidé autrement et il a certainement ses raisons pour l’avoir enlevée de là,  sans pouvoir lui reprocher ni corruption ni incompétence. Si le nouveau Ministre de la Justice a clairement énoncé qu’il poursuivra ce travail de lutte contre la corruption judiciaire,  s’il a clairement dénoncé ces concours d’entrée à la magistrature au cours desquels des candidats paient pour  réussir et que par la suite ils sont renvoyés de l’école pour incompétence comme c’était justement le cas durant la transition, s’il a clairement osé dire qu’il ne tolérera pas la corruption dans la justice, c’est bien parce qu’il reconnaît qu’il faut poursuivre les bonnes choses, qu’il ne faut pas arrêter le travail fait par son prédécesseur si la justice veut que l’espoir que la population a eu en elle durant les sept derniers mois, ne soit pas réduite en poussière.  La question néanmoins que l’on peut se poser est pourquoi avoir mis un magistrat déjà parti à la retraite? Cela signifierait-il que ceux qui sont en activité auraient du mal à être à la hauteur de  l’ancienne ministre de la justice ou simplement parce que l’actuel étant à la retraite, il n’a plus rien à perdre et servira sans état d’âme comme il l’a dit et prévenu ? Qui vivra verra, mais dans tous les cas, le passage de Noro Harimisa Razafindrakoto à la tête du ministère de la justice a été salutaire pour les justiciables et pour  la justice.  Espérons que le nouveau ministre soit à la hauteur.

D.R.

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