Madagascar – Administration judiciaire: Du rififi chez les juges la gazette de la grande île du 3 mars 2018

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L’actuel président de la République, ancien ministre des  Finances  et  du  Budget  d’un régime de  tous  les abus,  trafics et perversités, conscient du fait que «depuis bien trop longtemps, le peuple malgache a le sentiment de vivre dans un monde d’iniquité où les droits ne sont pas les mêmes pour tous »  lors  de  son investiture avait solennellement pris l’engagement de « réformer la Justice de l’Etat. La Justice devrait être accessible à tous et égales pour tous. Nous devrons lutter contre l’impunité et restaurer la confiance des Malgaches et des Etrangers dans notre Justice » disait-il ce  jour-là. En précisant avec détermination que « Des pratiques rénovées vont recréer la confiance dans les Institutions de notre pays pour que les investisseurs internationaux puissent venir investir à Madagascar sans crainte ni retenue… »

Une  telle priorisation  des objectifs du  système prouve clairement une xénophilie hautement intéressée qui,  sous le couvert des  soucis faussement  nationalistes, justifie ces honteux pillages de nos  richesses au  profits de partenaires prédateurs  étrangers. Et c’est  tant pis pour les  natifs de  ce pays. L’évasion  rocambolesque très spectaculaire  de Houcine Arfa, 53 ans, ex-conseiller du président de la République de Madagascar, deux mois après provoque toujours des  dégâts  collatéraux dans  tout le  système  judiciaire de Madagascar. Laetitia Bezaine dans une  dépêche  de  RFI daté du 25  janvier dernier rapporte que « Ses déclarations compromettantes ont fait l’effet d’une bombe dans un pays où la corruption gangrène toutes les strates de la société. La gêne et les réponses tardives des autorités n’ont fait qu’accroître la méfiance des Malgaches envers le pouvoir en place. » Pour finalement poser la question de  savoir «Comment ce fugitif est-il devenu l’homme qui fait trembler la République ? »

Est-ce pour répondre à l’ignorance de celle qui avait  révélé que  dans  cette  affaire « La ministre de la Justice en personne signe son autorisation de consultation médicale. Houcine Arfa profite de ce rendez-vous chez le médecin pour s’évader » ? Coup  sur  coup,  dans la foulée, un  décret abrogeant le décret n°2012-160 du 01 février 2012 portant nomination du Procureur Général près la Cour Suprême au cours  du conseil  de ministre du  27 février  dernier, a mis à l’écart un vieux routier  de l’administration judiciaire. En tenant  compte des indiscrétions sur le déroulement de  l’assemblée du  Conseil Supérieur de la Magistrature, la dame n’était pas  épargnée par les multiples accusations de corruption de Houcine « à l’encontre de plusieurs hauts responsables malgaches dont la ministre de la Justice. » Au cours des  débats  très houleux  au  sein du Conseil  Supérieur de la Magistrature vendredi  dernier,  suite à une interpellation  du  syndicat des Magistrats, la ministre de la  Justice citée nommément (à tort et à travers peut-être) par Houcine Arfa a vu rouge et n’a pas  caché sa  colère. Ranary  Robertson, haut  fonctionnaire prestigieux, remercié sans ménagement et dans l’irrespect le plus  total des prescriptions légales sur le corps  de la  magistrature, fera les frais de la démarche des  syndicalistes. Le Directeur Général  de l’Administration Pénitentiaire prendra aussi la porte  de  sortie. Mais voilà que comme pour jeter  de l’huile sur le  feu des  contestations syndicalistes très radicales ces  derniers temps, sur « ordre  de poursuite » émanant du ministère, un juge a été conduit par  des policiers pour être  entendu par ses pairs à  Ambatolampy. Alors qu’il est de  notoriété publique que  certains magistrats  réputés pourris semblent ne jamais être inquiétés…Irrités par  cette  forme sélective de gérer une impunité flagrante en  faveur de  quelques juges, l’ensemble  de la  corporation, l’opinion  et même  les  observateurs ne  cachent plus leur  méfiance à l’endroit de la ministre  de la Justice à la veille de partir  à la retraite. Quoi qu’on  dise en  faveur  des  uns ou  des  autres, il  faut  reconnaître  que les  récents  scandales éclaboussant l’exécutif ont provoqué des retombées pas  très honorables sur  tout le  système  judiciaire de Madagascar. Certaines  mesures disciplinaires adoptées par la hiérarchie n’ont  fait  qu’aggraver le climat  sociopolitique  déjà  suffisamment  tendu par les effervescences de la proximité de l’élection présidentielle prévue pour  cette  année …

Noël Razafilahy

Lien avec le dossier de Solo :

Le Procureur général près de la Cour Suprême a fait requête pour PIL

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