Madagascar – EDITORIAL: La HCC…régulateur jusqu’au bout – La gazette de la grande île du 4 juin 2018

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Maintenant que la Haute cour constitutionnelle s’est octroyée un pouvoir régulateur, que la HCC a réussi à  » écœurer » les magistrats -si bien que beaucoup déplorent que leur enseignant perde ainsi de sa crédibilité en devenant président de cette HCC- , que la HCC a réussi à se mettre à dos simples justiciables, qu’elle a réussi à rendre le sourire à certains militants de la place du 13 mai heureux du partage des sièges, qu’elle a réussi à couvrir de honte les enseignants de droit constitutionnel… maintenant qu’elle a fait tout ça il va falloir qu’elle aille jusqu’au bout de sa logique. Quelle raison prévue dans la Constitution aurait pu pousser la HCC à ordonner au Président de la République  de dissoudre le gouvernement ? La seule raison – mais elle n’est pas valable dans cette décision de la HCC serait que ce gouvernement a défendu des lois électorales anticonstitutionnelles ou plutôt que ce gouvernement aurait corrompu des députés pour faire voter ces lois électorales et aurait ainsi commis une faute grave. Tant qu’à être un régulateur, pourquoi la HCC n’a-t- elle pas demandé la révision des lois électorales plutôt que de décider que le Président de la République prononce la dissolution du gouvernement ? Dans la même foulée, si la raison non avouée de la décision de la HCC est de  » punir » le gouvernement qui a corrompu les députés, il faudrait également  sanctionner les députés corrompus car dans la corruption il y a le corrupteur -le gouvernement donc -et le corrompu-les députés.  Démettre ainsi les députés corrompus et les faire remplacer par les seconds de la liste. Logiquement, mais on doute de la logique de la HCC guidée par on ne sait quoi au juste.

Logiquement, la HCC ayant constaté le non respect de la Constitution par le président de la république aurait dû prononcer sa déchéance et dans ce cas logiquement le président du sénat serait à la tête de l’Etat. Si avoir un sénateur nommé à la tête de l’Etat dérange, ce serait pour la HCC qui s’est octroyée des tas de pouvoir de remettre en cause l’élection du Président du sénat et de faire en sorte que le président de cette institution soit issu de ceux élus. Mais tout cela paraît difficile pour la HCC. On n’a pas compris ses innombrables silences complices sur des violations de la Constitution, sur le remplacement de Honoré Rakotomanana par Rivo Rakotovao, sur son pacte de responsabilité dont la HCC n’a même pas daigné voir son évolution. Et puis aujourd’hui cette décision scélérate, critiquable. Cette HCC laissera de bien étrange trace dans l’histoire du pays, dans l’histoire du droit constitutionnel. Cette HCC qui est devenue Dieu le père dans l’histoire du pays le temps de quelques années…

D.R

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