Prisons à Madagascar, le racket continue – La gazette de la grande île du 1er mars 2019

Les régimes se succèdent, mais certaines pratiques demeurent. C’est le cas du racket en prison. Notre journal a déjà tiré la sonnette d’alarme, mais les autorités restent sourdes et passives.

Les détenus et leurs proches sont toujours les victimes de quelques agents pénitentiaires indélicats qui ne cessent de réclamer de l’argent. Certes, les prisons ne sont pas remplies d’innocents, mais ce n’est pas une raison pour racketter les détenus. Un prisonnier est contraint de payer certains agents pénitentiaires pour obtenir un seau d’eau ou pour recevoir une visite. Un prisonnier est contraint de payer les agents pénitentiaires pour obtenir un morceau de savon, une couverture, une tige de cigarette ou un médicament de la part d’un membre de sa famille qui lui rend visite. Certains agents pénitentiaires n’ont aucun scrupule à racketter les plus pauvres et les moins instruits. Ces derniers qui ignorent leurs droits, sont à la merci de certains agents pénitentiaires aussi véreux que pervers. Une maison d’arrêt est un lieu clos, mais les informations filtrent. Les familles de détenus se plaignent de ces extorsions systématiques, mais elles sont impuissantes. A leur sortie de prison, les prisonniers évoquent aussi ces extorsions abusives, mais ils n’osent pas porter plainte car d’une part, ils sont trop contents d’être libres, d’autre part, ils ont peur de représailles et ils pensent que leur parole ne pèse rien à côté de celle des agents pénitentiaires toujours prompts à nier les faits. Il est légitime de dénoncer le racket des automobilistes par certains policiers et gendarmes, mais il serait opportun de faire cesser les extorsions mêlées de corruption et de harcèlement commises en toute impunité par certains agents pénitentiaires.

Ranary