Sécurité du Président malgache – le sniper évadé (Houssine Arfa) atteint la France l’expressmada du 4 janvier 2018

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Un évadé d’Antanimora dénonce une complicité du personnel pénitentiaire. Il a été incarcéré pour tentative d’assassinat à l’encontre du Président Hery Rajaonarimampianina.

Une déclaration qui ouvre la boîte de Pandore. Après son évasion rocambolesque dans la nuit de jeudi à vendredi, Houcine Arfa, un ressortissant français âgé de cinquante-quatre ans, activement recherché pour tentative d’assassinat contre le président de la République, a donné du fil à retordre aux autorités en annonçant, par le truchement de l’Agence France Presse (AFP), son arrivée en France depuis lundi.

Philippe Gumery, son avocat a relayé sa saga. Pas avare de détails, l’évadé est passé au déballage. « Le fugitif a expliqué avoir profité d’une visite à l’hôpital à Antananarivo pour s’évader, jeudi, avec la complicité du personnel», souligne le journal en ligne Le Parisien, dans un article publié depuis avant hier.

Comme réponse du berger à la bergère, un ayant voix au chapitre auprès de l’administration devance chahuts et remue-ménage en indiquant que cette affaire est au coeur des préoccupations. « Des mesures radicales seront préconisées. Leur mise en oeuvre est en étude. Des décisions seront prises dès demain (NDLR: ce jour). Les membres du personnel incriminés encourent une traduction devant le conseil de discipline. Ils risquent la radiation. Il revient au ministère de la Justice de statuer », tonne avec ferveur ce responsable.
Avançant vraisemblablement dans ses investigations, depuis la publication de l’avis de recherche contre Houcine Arfa et son épouse, la police criminelle resserre l’étau autour de deux gardes pénitentiaires. Le quidam semble s’être fait la belle au nez et à la barbe de ces deux gardiens de prison qui avaient la charge de le tenir à l’oeil au moment des faits.
Crainte d’attentat
Inspirant soupçons, ces deux présumés complices sont actuellement placés en garde à vue à la brigade criminelle et d’autres personnes soupçonnés d’avoir été en relation avec l’évadé ont été elles aussi soumises au feu roulant des questions.
Le plan d’évasion était réglé comme une horloge. Pour lever un pan de voile sur ce mystère, les enquêteurs l’ont passé au crible dans la matinée d’hier, en  effectuant une reconstitution entre Ambohitrarahaba et Ampasampito, sous les indications des deux agents pénitentiaires.
« Nous sommes en passe de clôturer notre enquête pour présenter au parquet le dossier ainsi que les personnes incriminées. Un mandat d’arrêt international sera attendu par la suite. Si l’évadé se trouve bel et bien en France, une coopération judiciaire est de mise », avance d’un ton d’incertitude une source auprès du ministère de la Sécurité publique.
Conseiller du Président
En tout cas, rien ne semble avoir été laissé au hasard dans cette évasion. Ayant réussi à dérouter tout contrôle, le Français a rejoint le Nord Madagascar en véhicule où il a d’emblée pris une embarcation à moteur pour faire une trouée dans les côtes du département français d’Outremer de Mayotte, où il a pris l’avion pour s’envoler en métropole selon, la presse.
Son avion a atterri à Paris, lundi. À côté, les éléments des forces de l’ordre lancés à ses trousses n’y ont vu que du feu.
Placé en détention préventive à la maison de force Tsiafahy quelques jours avant la célébration de la fête de l’indépendance après que du matériel de tireur embusqué, dont des accessoires de camouflage ainsi que des armes d’exercice ont été découverts en sa possession, Houcine Arfa a nourri une crainte d’attentat contre le Président pendant la parade militaire du 26 juin. Le logis des officiels a été de ce fait quadrillé de vitre pare-balles.
Par le passé, Houcine Arfa a travaillé pour le président Hery Rajaonarimampianina en tant que « conseiller » chargé de la sécurité fin 2015.
Placé sous mandat de dépôt à la maison de force de Tsiafahy le 22 juin lorsque cette affaire de déstabilisation a éclaté au grand jour, il a écopé de trois ans de prison ferme en novembre.
L’accusé est condamné pour usurpation de fonction et extorsion de fonds d’après l’extrait des minutes de greffe de la cour correctionnelle d’Antananarivo. Transféré à la maison centrale d’Antanimora pour raison de santé jeudi, il a réussi se faire la belle lors d’un prétendu transfert à l’hôpital.
Seth Andriamarohasina

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